Aller au contenu
Vendredi 30 octobre 2026 · Dakar
PublicitéEspace à louer pour vos pubs
Dernière minute
En continu

Budget rectificatif : le prix d’un bras de fer

Le billet de la rédaction. Chacun a ses raisons dans la bataille autour de la loi de finances rectificative. Mais plus le blocage dure, plus la facture risque d’être payée par ceux qui n’y sont pour rien.

Photo : Fawaz.tairou / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Le billet de la rédaction.

Il faut reconnaître un mérite au renvoi en commission décidé mardi : il a évité le pire. Un rejet sec de la loi de finances rectificative aurait figé le budget initial, devenu irréaliste avec la baisse des recettes et l’envolée des subventions à l’énergie. Et un passage en force, par l’engagement de la responsabilité du gouvernement, aurait ouvert une crise institutionnelle dont le pays n’a pas besoin.

Des arguments recevables des deux côtés

Le gouvernement a raison sur un point : l’État doit payer ses dettes aux entreprises, et les 300 milliards de FCFA prévus pour cela ne sont pas un luxe. Beaucoup de PME attendent ces paiements pour survivre. Il a aussi besoin du programme avec le FMI pour retrouver des marges de manœuvre.

PublicitéEspace à louer pour vos pubs

La majorité parlementaire a, elle aussi, des arguments sérieux. Réduire de 555 milliards les investissements sans dire précisément lesquels, c’est demander aux députés de signer un chèque en blanc. Et réclamer un cadre légal pour les fonds spéciaux relève de l’exigence de transparence que les Sénégalais ont plébiscitée.

Le temps joue contre tout le monde

Le vrai danger, c’est la durée. Chaque semaine de blocage retarde les paiements aux entreprises, fragilise les discussions avec le FMI et laisse planer le doute sur des chantiers attendus, comme le pont de Ziguinchor. Pendant ce temps, le débat glisse du terrain des chiffres vers celui des rivalités politiques au sommet de l’État.

La sortie de crise passe sans doute par un compromis simple à énoncer, plus difficile à conclure : la liste précise des investissements reportés, la préservation des dépenses de santé et d’éducation, et un engagement écrit sur l’encadrement des fonds spéciaux. Le Sénégal a déjà montré qu’il savait régler ses désaccords par le dialogue. C’est le moment de le prouver à nouveau.

Les faits cités dans ce billet sont tirés de nos articles sur la loi de finances rectificative, eux-mêmes fondés sur RFI, Les 4 Vérités et Pulse Sénégal.

Partager cet article
PublicitéEspace à louer pour vos pubs

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *