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Budget rectificatif 2026 : le gouvernement demande le renvoi en commission, le vote reporté

Face au refus du Pastef, majoritaire avec 130 députés sur 165, le ministre des Finances Cheikh Diba a préféré renvoyer la loi de finances rectificative en commission pour chercher un compromis.

Photo : Bernard bill5 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

La journée devait être décisive. Elle s’est terminée par un report. Mardi 27 octobre, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a demandé le renvoi en commission du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Une demande acceptée par les députés : la plénière devra être reprogrammée, sans qu’aucune date n’ait été fixée.

Le ministre a expliqué vouloir privilégier le dialogue et le compromis plutôt que de prendre le risque d’une impasse institutionnelle. Quatre jours plus tôt, le 23 octobre, la commission des finances avait déjà rejeté le texte avec les voix du groupe Pastef-Les Patriotes.

Un rapport de force défavorable au gouvernement

Le Pastef, le parti d’Ousmane Sonko, dispose de 130 sièges sur 165. Il ne conteste pas la nécessité de réviser le budget en cours d’année, mais refuse plusieurs arbitrages, en particulier les coupes touchant la santé et l’éducation, et réclame un encadrement légal des fonds spéciaux. Le président du groupe parlementaire Pastef, Ayib Daffé, a dénoncé des incohérences dans le texte et demandé quels investissements seraient précisément réduits.

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La vice-présidente de l’Assemblée, Oulimata Sidibé, a pour sa part cité le pont de Ziguinchor parmi les investissements menacés. Le député non inscrit Cheikh Tidiane Youm a résumé l’inquiétude générale : selon lui, les Sénégalais sont « prisonniers de ce bras de fer ».

Pourquoi ce texte compte

La loi de finances rectificative doit permettre à l’État de rembourser une partie de ses dettes envers les entreprises (300 milliards de FCFA prévus) et d’avancer vers un nouveau programme avec le Fonds monétaire international : un accord préliminaire de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, annoncé en septembre, qui doit encore être approuvé par le conseil d’administration du FMI.

Le Premier ministre s’était dit la veille « convaincu » qu’une entente restait possible. Le parti présidentiel affirme disposer d’outils pour passer outre un vote négatif, mais dit refuser l’affrontement. La Constitution permet en effet au gouvernement d’engager sa responsabilité sur le texte (article 86, alinéa 6) : il serait alors adopté sans vote, sauf motion de censure déposée dans les 24 heures. En cas de rejet pur et simple, c’est le budget initial qui resterait en vigueur.

Sources : RFI via AllAfrica (27 octobre 2026), Les 4 Vérités (28 octobre 2026), Pulse Sénégal.

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